Un responsable RH peut parfaitement mener des entretiens sérieux, recueillir des demandes pertinentes et pourtant constater, six mois plus tard, que très peu de décisions ont avancé. Les comptes rendus sont rangés. Les besoins sont dispersés entre des fichiers, des e-mails et des notes de managers. Les collaborateurs ne savent plus où en est leur demande. Et le plan de développement des compétences continue d’être construit à partir des urgences du moment.
L’entretien de parcours professionnel peut corriger cette situation, à condition de ne pas le traiter comme une simple obligation de calendrier. La réforme lui donne une portée plus large : parcours, compétences, transformations des métiers, besoins de formation, mobilités, CPF et conseil en évolution professionnelle.
La valeur du dispositif dépend maintenant de la capacité de l’entreprise à transformer ces échanges en décisions suivies.
L’entretien de parcours professionnel, ou EPP, est un échange distinct de l’entretien annuel d’évaluation. Il porte sur le parcours du salarié, ses compétences, ses qualifications, ses besoins de formation et ses perspectives d’évolution.
Il ne sert pas à noter la performance du salarié. Il doit donner lieu à un document remis au collaborateur et peut alimenter le plan de développement des compétences de l’entreprise.
Le cadre a été réformé fin 2025. Dans le régime général, un premier entretien doit intervenir au cours de la première année suivant l’embauche, puis tous les quatre ans. Un état des lieux récapitulatif du parcours est réalisé tous les huit ans.
Des échéances particulières existent aussi après certains événements, notamment à la suite de la visite médicale de mi-carrière.
Le contenu est également renforcé. L’échange doit désormais examiner :
Le problème ne vient pas toujours de la qualité de la conversation. Il apparaît souvent après l’entretien.
Une demande comme « progresser en management », « apprendre l’intelligence artificielle » ou « préparer une évolution » reste trop large pour déclencher une action. Sans qualification, arbitrage, responsable désigné et échéance, elle devient une intention parmi d’autres.
Commencez par établir une liste unique des échéances. Elle doit permettre de distinguer le premier EPP, les entretiens périodiques, l’état des lieux récapitulatif, les retours de certains congés et les situations particulières.
Un calendrier fiable évite de découvrir les obligations au dernier moment et facilite la préparation des campagnes.
Le manager ou le représentant de l’entreprise a besoin de trois regards : les transformations de l’activité, les évolutions du poste et la situation du collaborateur.
Une courte fiche de préparation peut rappeler les compétences critiques, les changements d’outils ou d’organisation, les projets à venir et les possibilités de parcours internes.
Un entretien consacré au parcours ne doit pas devenir une seconde évaluation annuelle. Commencez par expliquer son objectif et les sujets qui seront abordés.
Cette distinction améliore la qualité des échanges : le salarié peut parler de ses besoins, de ses difficultés d’adaptation ou de ses souhaits sans penser que chaque réponse sera transformée en note de performance.
Demandez dans quelle situation professionnelle la compétence est nécessaire, ce que le salarié sait déjà faire, ce qu’il doit pouvoir réaliser demain et comment le progrès sera observé.
« Mieux utiliser Excel » devient par exemple : « produire chaque mois un tableau de suivi fiable, automatiser les calculs récurrents et réduire les erreurs de consolidation ».
Cette formulation permet de choisir une réponse adaptée.
Toutes les demandes ne peuvent pas être lancées immédiatement. Classez-les selon des critères connus :
L’objectif n’est pas d’écarter les souhaits individuels, mais de rendre les arbitrages explicables.
Une formation n’est pas toujours la seule solution. Selon le besoin, l’entreprise peut combiner formation, tutorat, AFEST, binôme, participation à un projet, communauté de pratique ou mobilité.
Lorsque la formation est pertinente, précisez le résultat attendu, le public, le niveau, le format, la période, les contraintes et les critères de sélection de l’intervenant.
Chaque décision doit disposer d’un statut, d’un responsable, d’une prochaine étape et d’une échéance.
Un tableau ou un logiciel de suivi doit répondre rapidement à quatre questions :
Sans cette continuité, l’entreprise recommence l’analyse à chaque relance.
L’agrégation brute de toutes les demandes produit rarement un bon plan. Regroupez les besoins par compétence, population, métier, établissement et priorité.
Identifiez ensuite les demandes individuelles qui révèlent un besoin collectif. Dix salariés qui demandent chacun une aide sur un outil peuvent signaler un changement d’organisation plus large.
Le plan doit distinguer au minimum :
Il peut ensuite être budgété et planifié en tenant compte des disponibilités opérationnelles.
Les OPCO peuvent apporter un soutien au plan de développement des compétences, notamment pour les entreprises de moins de 50 salariés, selon les règles applicables, l’éligibilité de l’action et les budgets disponibles.
D’autres financements ou abondements peuvent exister selon la branche, le projet ou le profil du salarié.
Une prise en charge peut être mobilisable selon votre situation, votre éligibilité, les règles du financeur et les budgets disponibles. Elle ne doit jamais être présentée comme automatique.
L’étude doit intervenir avant le démarrage de la formation. Attendre que la date soit fixée ou que la prestation soit engagée peut réduire les possibilités.
L’externalisation devient pertinente lorsque les entretiens sont réalisés mais que les actions s’accumulent, que les équipes RH manquent de temps pour qualifier les besoins, que la recherche d’intervenants est dispersée ou que les dossiers de financement sont traités au cas par cas.
L’entreprise peut déléguer une partie des opérations tout en conservant les décisions stratégiques.
Stafy RH présente une organisation combinant une conseillère formation et un logiciel de suivi. Selon le périmètre convenu, l’accompagnement peut couvrir le recueil des besoins, la recherche de formateurs, le montage des demandes de financement, la coordination et le suivi.
Le nouvel entretien de parcours professionnel donne aux RH une occasion de mieux relier les aspirations individuelles, les transformations des métiers et le plan de compétences.
Mais la conformité du calendrier ne suffit pas. La qualité se mesure à ce qui se passe après : une décision claire, un suivi visible et une réponse donnée au salarié.
Non. L’EPP porte sur le parcours, les compétences, les besoins de formation et les perspectives d’évolution. L’entretien annuel reste consacré à l’évaluation du travail et des objectifs.
Dans le régime général issu de la réforme, le premier entretien intervient au cours de la première année suivant l’embauche, puis tous les quatre ans. Un état des lieux récapitulatif est prévu tous les huit ans.
Non. Le salarié peut exprimer un besoin ou un souhait, mais l’employeur conserve la décision concernant les actions inscrites au plan de développement des compétences.
Il faut regrouper les besoins par compétence, métier, population et priorité, puis distinguer les demandes individuelles des besoins collectifs.
Non. Les possibilités dépendent de l’OPCO, de la taille de l’entreprise, de la branche, de l’action, des règles de prise en charge et des budgets disponibles.
Selon le périmètre contractualisé, Stafy RH peut accompagner le recueil et la qualification des besoins, la recherche d’intervenants, l’étude des financements, le montage et le suivi des dossiers ainsi que la coordination des formations.
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